Matières organiques

Tout savoir sur le sujet

Pour se conformer à l'objectif provincial de détourner les matières organiques des sites d'enfouissement d'ici 2020, les organisations municipales doivent élaborer un plan de gestion de leurs matières résiduelles et démontrer leurs engagements envers la Politique québécoise, notamment au niveau de la gestion des matières organiques.

La Régie des matières résiduelles du Lac-Saint-Jean vous propose une introduction à la gestion responsable des matières organiques par compostage !

Qu’est ce que la MATIèRE ORGANIQUE ?

La matière organique ou putrescible englobe tout ce qui est fabriqué par les êtres vivants. Et quand on dit tout, c’est tout ! Le fruit issu d’un arbre ou d’une plante. Le pain ou les pâtes alimentaires fabriquées avec de la farine. Le morceau de viande achetée chez votre boucher. En d’autres termes, tous vos résidus alimentaires et restes de table. 

La matière organique comprend également les résidus verts issus de votre jardin, que ce soit les restes de la coupe de votre gazon, les branches de l’arbre que vous avez élagué ou les feuilles mortes que vous avez ramassées.

Dans nos déchets, la matière organique représente environ.

 

37% de notre poubelle.

Ce qui est énorme !

Pourquoi séparer la matière organique

Des autres résidus de la poubelle

Pour pouvoir répondre à cette question,  il faut tout d’abord comprendre le cycle de vie de cette matière.

Le retour à la terre

En forêt, par exemple, tout fruit ou plante qui tombe au sol entame un processus de dégradation naturel. La vitesse de ce procédé repose sur plusieurs facteurs, dont la présence de micro-organismes, de chaleur, d’humidité et de l’absence ou non d’oxygène. Ainsi, en l’espace de quelques semaines, il ne restera plus rien du fruit ou de la plante. Un mélange riche d’humus en résultera, qui nourrira le sol de la forêt. 

S’il n’y a pas ou peu de micro-organismes, s’il fait froid ou si le temps est très sec, le processus de dégradation aura tout de
même lieu et donnera sensiblement le même résultat, mais cela prendra beaucoup plus de temps.

En revanche, si l’oxygène est retiré, parce que le fruit est enterré ou dans un sac de plastique, on change complètement le processus de décomposition. Les micro-organismes habituels, qui aiment l’oxygène (aérobie) ne pourront plus travailler et seront remplacés par ceux qui préfèrent l’absence d’oxygène (anaérobie). Ainsi, la décomposition aura quand même lieu, mais de façon différente.

Éviter l’enfouissement

Le problème repose sur ces micro-organismes anaérobiques qui dégagent, lors de leur travail de décomposition, du « méthane », un gaz à effet de serre (GES) 20 fois plus dommageable pour l’environnement que le CO2 dégagé par nos voitures. Le méthane favorise donc l’effet de serre et dégage de mauvaises odeurs.

À l’échelle d’un fruit, ce n’est pas inquiétant, mais lorsqu’on parle de milliers de tonnes de matières organiques enfouies et regroupées au même endroit, c’est plus problématique !

Dans les lieux d’enfouissement, ce phénomène de digestion sans oxygène est favorisé, puisque les déchets (comprenant de la matière organique) sont compactés et enfouis dans ce que l’on appelle des cellules d’enfouissement. Un peu à l’image d’un plat de plastique, ces cellules sont munies d’un fond hermétique (membrane) et lorsque celle-ci est au maximum de sa capacité, on la recouvre complètement d’une membrane similaire à celle du fond. C’est donc dire que les matières organiques se retrouvent ainsi en anaérobie.  Dans ce contexte, une très grande quantité de « biogaz » (incluant le méthane) est produite, modifiant significativement l’environnement. D’autre part, l’eau contenue dans les
aliments enfouis se charge de métaux lourds et d’autres acides au contact des déchets, et risque de provoquer une contamination des nappes d’eau souterraine. On appelle ce liquide du « lixiviat ». 

Face à ces problèmes, des systèmes permettant de capter le biogaz et le lixiviat ont été installés dans tous les lieux d’enfouissement techniques (LET) du Québec. Au LET d’Hébertville-Station, le lixiviat est recueilli et traité sur place sur une aire de traitement des eaux et le biogaz est capté et brûlé, offrant la possibilité dans le futur de l’utiliser comme combustible pour chauffer des bâtiments. Mais ce système ne permet pas une dégradation optimale des matières organiques, d’où la décision du gouvernement de bannir, d’ici 2020, l’élimination de tous les résidus alimentaires et résidus verts. Ainsi, d’autres méthodes doivent être développées. Pourtant, une méthode simple existe depuis toujours dans la nature : le  compostage, où les matières organiques deviennent une ressource pour produire du compost.

LE COMPOST

À quoi ça sert?

À plus grande échelle, le compost peut être utilisé par les municipalités ou entreprises commerciales pour différents usages :

  • Travaux de sylviculture ou d’horticulture;
  • La production de fruits ou légumes;
  • La vente en sac comme engrais ou fertilisants;
  • Matériaux de remblai pour l’aménagement urbain ou comme matériaux de recouvrement dans les sites d’enfouissement.

LE COMPOSTAGE

Concrètement, à la maison ça veut dire quoi ?

Cela veut tout simplement dire de mettre vos restes de table dans un contenant dédié à la matière organique plutôt que dans la poubelle ! Plusieurs municipalités ont déjà mis en place la collecte de porte en porte des matières organiques. Il existe bien des méthodes pour entreposer les restes de table entre deux collectes.

Voici les plus courantes :

À l’extérieur :

  • Dans un bac roulant (généralement de 240 L ou 80 L);
  • Dans un petit bac de 45 L ou tout autre contenant en plastique de votre choix.

 

À l’intérieur :

  • Dans un petit bac de 45 L ou tout autre contenant en plastique de votre choix;
  • Dans un contenant en plastique de format 2 L (bac de comptoir, petite chaudière ou autre);
  • Dans un sac compostable certifié;
  • Dans un sac en papier avec ou sans pellicule cellulosique;
  • Dans un sac plastique de couleur (si usine par tri optique).

 

Ces solutions dépendent des choix de votre municipalité et peuvent être jumelées; à vous de déterminer celles qui vous correspondent !

Encore un bac ! Oui mais ...

Avantages pour la poubelle :

  • Plus petite et moins lourde;
  • Moins sale, donc moins d’entretien;
  • Moins de mauvaises odeurs;
  • Moins de nuisances (vermines).

LA COLLECTE DES MATIÈRES ORGANIQUES

déjà présente au Québec !

En général, la collecte des matières organiques est effectuée toutes les semaines, alors que les déchets, moins nombreux, sont collectés aux deux semaines. Les municipalités utilisent un camion étanche avec un bras à chargement latéral.

 

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Mythes sur le compostage

  1. Peut-il y avoir des vermines ?
    Oui

    Comme dans une poubelle, mouches à fruits, vers blancs, ratons, rats, etc.

    Mais il y a des trucs très simples et efficaces pour les éviter :

    • Respectez les jours de collecte;
    • Fermez votre contenant et placez un « bouchon » de papier journal sur le dessus;
    • Alternez une couche de matière organique et de papier journal;
    • Enveloppez vos restes de viande et de poissons dans du papier journal ou dans un sac en papier;
    • Évitez les liquides;
    • Mettez du bicarbonate de soude au fond du contenant pour faciliter le nettoyage;
    • Placez un morceau de carton au fond du contenant, il se videra mieux et ne collera pas en hiver;
    • Nettoyez le contenant avec du vinaigre blanc;
    • Entreposez idéalement le contenant à l’intérieur ou à l’ombre à l’abri des animaux;
    • Si possible, laissez votre contenant dans le congélateur entre chaque collecte.
  2. Mon bac va être dégoûtant et malpropre !
    Oui

    Comme dans une poubelle, votre bac peut être sale et odorant; il faut donc le laver de temps à autre. Si des odeurs persistent, rincez-le périodiquement avec une solution de vinaigre et d’eau et l’affaire sera réglée.

  3. Et les mauvaises odeurs ?
    C’est malheureusement une idée reçue tenace !

    Un compost bien fait dans un contenant bien entretenu ne présente pas de désagrément. Les odeurs apparaissent si :

    • Vous ne sortez pas votre contenant à chaque collecte;
    • Vous enfermez vos restes de table hermétiquement dans des sacs de plastique ou compostables exposés à la chaleur pendant un temps prolongé (utilisez plutôt des sacs en papier qui respirent);
    • Vous ne rincez jamais vos contenants;
    • Votre composteur manque d’oxygène ou présente un excès d’eau;
    • Vous oubliez lors de la collecte un sac de feuille humide ou de gazon frais.

N’oubliez pas,  la collecte des matières organiques consiste simplement à transférer une partie du contenu de votre poubelle vers un autre bac ! Si vous avez de bonnes habitudes en  matière d’hygiène, ça ne sera jamais plus sale que dans une poubelle classique !